des-mots-sans-bruit

(biblio-blog)

Mardi 9 juin 2009 à 21:25

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Georges Sand, La petite Fadette.

En sortant le livre de mon écrasante pile de livres pas encore lus, je soupirai. Je ne sais pas pourquoi, je sentais que j'allais m'ennuyer à lire le récit des amours longuets de deux paysans très improbables. Je me trompais ! J'ai lu le livre comme il doit être lu, c'est à dire d'une traite. Une histoire d'amitié, d'amour, de conflit entre les deux, et de jalousie dans la vie d'enfants qui deviennent des hommes. Une histoire assez gentillette, mignonnette, c'est vrai, mais bon, on se prend facilement au jeu de l'histoire et on prend pas mal de plaisir à lire ce livre, même si on se doute assez rapidement de la fin (j'hésitais entre deux possibles à vrai dire), c'est bon à lire jusqu'au dernier mot, c'est une très jolie petite histoire. Il met un peu de temps à démarrer, mais au moins il démarre, contrairement à certains qui sont terminés avant de commencer. Au début, l'écriture, le vocabulaire aussi un peu, font légèrement peur, mais au fil des pages, ça passe et ça devient très agréable, et peu importe que ces paysans du fin fond de nulle part parlent miraculeusement bien pour leu éducation, tant mieux même. C'est une histoire d'amour(s) touchante, attendrissante, amusante aussi par certains petits jugements qu'on y trouve, et une narration pas inintéressante ma foi. Donc j'ai finalement dévoré ce livre qui a été une bonne surprise et ne m'a finalement absolument pas ennuyé, loin de là. Si vous avez envie d'une petite lecture sympa, tendre et champêtre, n'hésitez pas comme moi.
Je me disais que par contre en film ça ne donnerait probablement rien de potable, et en cherchant l'image de la couverture, je vois qu'ils en ont fait un film. L'affiche semble me donner raison, mais bon, je ne porterai pas de jugements sur ce film sans l'avoir vu.

 

Dimanche 7 juin 2009 à 19:15

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Albert Camus, L'exil et le royaume.

Six nouvelles, six courts récits différents pour six exils différents, mais tous aussi puissants. Avant tout, ce livre est très beau, les descriptions, ou en réalité les évocations des lieux, de leurs effets sur les personnages et les atmosphères sont magnifiques, on est littéralement saisit devant cette écriture. La forme de la nouvelle est parfaitement employée, tout est dit et il n'y en a pas trop, les fins sont bienvenues et bien choisies, tout est superbement bien écrit. Je l'ai dit, il y a une certaine puissance dans ces histoires d'exil, une force qui noue un peu les tripes du lecteur, mais ça n'est pas du tout lourd ou mal fait, tout se fait dans une terrible douceur, l'effet est très sobre, ça n'est jamais trop et c'est vraiment subtil. On sourit aussi parfois, d'un sourire un peu amer mais on sourit. J'ai eu avec Camus de bonnes et de moins bonnes expériences, celle-ci fait assurément partie des excellentes. Un livre très beau, je le répète parce que ça ne sera jamais assez dit, simple en apparence et en réalité très fort. Voilà un livre à lire et sans aucun doute à relier de temps en temps, je le conseille à tout le monde.


Vendredi 5 juin 2009 à 15:27

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Georges Perec, Les choses.

Un livre court mais pourtant pas léger. L'histoire d'un couple dans sa quête du bonheur, mais leur idée du bonheur est assez confuse et surtout éternellement insatisfaisante puisque fortement liée aux choses, sous lesquelles ils se noient, étouffent au lieu d'être heureux. Ils se laissent embarquer par une conception un peu simple du bonheur, qui occulte beaucoup de ses dimensions, mais le livre n'est pour autant pas une vrai critique de la société de consommation, de la soif de posséder, enfin en tout cas moi je ne trouve pas, ça n'est pas une dénonciation du système mais simplement un exemple d'une idée fausse ou incomplète du bonheur. Le vrai problème des personnages, c'est qu'ils sont des forces désirantes mais non agissantes. Ils tendent vers un but mais ne font rien pour l'atteindre, car ils veulent avoir la ligne d'arrivée sans avoir à faire le parcours. Ils ne voient pas le bonheur où il faudrait, ils ne pensent pas la vie comme une randonnée, c'est à dire quelque chose dont l'intérêt et la saveur se situe non pas dans la destination mais dans la marche et les endroits qu'on traverse. Pour eux, le bonheur est un point fixe, un état précis, et ce qui mène à lui n'en fait pas partie, c'est un aboutissement. Et surtout, ce but semble si loin, si difficile à atteindre que ça donne le vertige aux personnages qui se sentent impuissants, et, écrasés par ce sentiment d'impuissance, le deviennent. Alors nécessairement, avec une conception comme celle là, fixe, lointaine et essentiellement liée aux choses, ils ne peuvent qu'être frustrés, et ils en arrivent même, à un moment à perdre leur force de désir, seule à les animer, pour devenir eux même des choses. Finalement, lorsqu'enfin ils parviennent à ce à quoi ils aspiraient, leurs souvenirs heureux vont vers la période de leur vie la plus éloignée de ce but vers lequel ils tendaient, vers cette route qu'ils voulaient n'avoir pas à parcourir, qui leur semblait impossible.
C'est un livre assez facile à lire contrairement à ce que laissent supposer les premières pages auxquelles il ne faut surtout pas s'arrêter et qui prennent vraiment tout leur sens avec le roman, c'est un livre qui donne à réfléchir et qui met dans une certaine mesure face à soi même le lecteur, bref, c'est un livre qu'il faut vraiment lire, quitte à sauter quelques ligne au début si vous voulez. Il vaut le coup de s'accrocher un peu (et tellement peu) pour ceux qui auraient du mal avec le style, en plus d'être réellement agréable à lire, c'est un de ces livres qui apportent quelque chose. Ce qui peut se résumer par "un bon livre" en fait, tout simplement.

Mercredi 3 juin 2009 à 15:40


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Luc Lang, Mille six-cent ventres.

Nous est racontée dans ce livre la vie du cuisinier de la prison, au chômage technique le temps d'une révolte massive des prisonniers qui ont pris possession du bâtiment. Le cuisinier, voisin de la prison, est chez lui, son petit quotidien est bouleversé par les événements, la présence de hordes de journalistes et de forces de l'ordre. Le récit est fait à la première personne, c'est le cuisinier lui même qui se dévoile peu à peu, révèle son histoire, nous laisse la découvrir petit bout par petit bout, une histoire bien moins banale qu'il n'y parrait. Le principe du livre est de partir d'une situation particulièrement ordinaire et, à l'occasion de la révolte des prisonniers qui révèle les dysfonctionnements de la prison, montrer aussi ce qui cloche et est caché dans la vie de ces personnages qui ont l'air de clichés, le vieil anglais obsédé par son jardin, sa rouquine vieille fille etc. Le narrateur laisse voir des fentes dans sa vie parfaite et le lecteur devine d'abord ce qu'il voit parfaitement ensuite, rien n'est ce dont il a l'air, cachés derrière la plus plate banalité, tous les vices, les extrêmes des personnages font surface et prennent le dessus au fil du roman. C'est un roman de la surprise, qui emmène son lecteur, pour peu qu'il accepte la narration de ce personnage assez particulier, dans une histoire qui se laisse lire. Pourtant, au bout d'un moment, le lecteur s'habitue un peu, voit venir l'auteur, l'effet de surprise s'essouffle et alors l'écriture peut sembler un peu lourde pour certains passages. Mais après avoir refermé le livre, on ne regarde plus son vieux voisin très convenable, très comme il faut de la même manière. Donc pour résumer un livre assez sympa malgré une certaine lourdeur.

Mercredi 3 juin 2009 à 15:15

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Gérard Mordillat, Rue des rigoles.

J'ai été un peu déçu par ce livre. Ce que j'avais entendu de l'auteur à la radio m'avait plu, j'avais parfois été plié de rire devant ma radio en écoutant les bêtises qui se disaient, mais ce livre lui m'a drôlement moins plu. A l'occasion du décès de sa mère, l'auteur se souvient de toute son histoire. Le Paris populaire de l'après guerre, assez cliché, raconté de façon convenue, qui se veut salée mais ne l'est pas tant que ça je trouve. Le récit n'est pas lourd, c'est certain, et assez amusant, parsemé à la fois de petites piques, de petites phrases assez drôles et de petits passages attendrissants, touchants, mais le tout, accumulé lasse assez rapidement. C'est en fait un livre de petites phrases, de petits passages qui sont disposés les uns à la suite des autres et qui donc au bout d'un moment se retrouvent noyés, perdent de leur saveur. On se dit que ça va être agréable à lire, qu'on va passer un bon moment, et puis en fait pas vraiment, c'est assez gonflant, autant par l'histoire que par l'écriture, qui pourtant est très bonne, mais ne tient pas la distance, c'est plutôt une écriture à picorer. Au final, ça se lit, mais une fois terminé, on le range et on l'oublie sans même garder le souvenir d'un agréable moment de lecture. Dommage. Pourtant je pense qu'il peut être très bien à condition de le lire petit à petit, un chapitre par jour, quelques phrases, en prendre une, une autre, mais pas trop pour ne pas voir de monotonie à la longue. Mon conseil donc, si vous le trouvez comme moi d'occasion à pas cher, prenez le quand  même, il n'est pas désagréable, mais gardez le comme livre-pause, c'est à dire quand vous en avez assez d'un autre livre, vous prenez un chapitre de celui là, juste un, ou le temps d'un trajet en métro, petit à petit comme ça, mais même s'il est très court, je crois qu'il ne faut pas le lire d'une traite. Pour ma part, je ne compte pas rester sur cette légère déception, j'espère bien découvrir les autres titres de cet auteur.

 

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