des-mots-sans-bruit

(biblio-blog)

Mercredi 3 juin 2009 à 15:40


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Luc Lang, Mille six-cent ventres.

Nous est racontée dans ce livre la vie du cuisinier de la prison, au chômage technique le temps d'une révolte massive des prisonniers qui ont pris possession du bâtiment. Le cuisinier, voisin de la prison, est chez lui, son petit quotidien est bouleversé par les événements, la présence de hordes de journalistes et de forces de l'ordre. Le récit est fait à la première personne, c'est le cuisinier lui même qui se dévoile peu à peu, révèle son histoire, nous laisse la découvrir petit bout par petit bout, une histoire bien moins banale qu'il n'y parrait. Le principe du livre est de partir d'une situation particulièrement ordinaire et, à l'occasion de la révolte des prisonniers qui révèle les dysfonctionnements de la prison, montrer aussi ce qui cloche et est caché dans la vie de ces personnages qui ont l'air de clichés, le vieil anglais obsédé par son jardin, sa rouquine vieille fille etc. Le narrateur laisse voir des fentes dans sa vie parfaite et le lecteur devine d'abord ce qu'il voit parfaitement ensuite, rien n'est ce dont il a l'air, cachés derrière la plus plate banalité, tous les vices, les extrêmes des personnages font surface et prennent le dessus au fil du roman. C'est un roman de la surprise, qui emmène son lecteur, pour peu qu'il accepte la narration de ce personnage assez particulier, dans une histoire qui se laisse lire. Pourtant, au bout d'un moment, le lecteur s'habitue un peu, voit venir l'auteur, l'effet de surprise s'essouffle et alors l'écriture peut sembler un peu lourde pour certains passages. Mais après avoir refermé le livre, on ne regarde plus son vieux voisin très convenable, très comme il faut de la même manière. Donc pour résumer un livre assez sympa malgré une certaine lourdeur.

Mercredi 3 juin 2009 à 15:15

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Gérard Mordillat, Rue des rigoles.

J'ai été un peu déçu par ce livre. Ce que j'avais entendu de l'auteur à la radio m'avait plu, j'avais parfois été plié de rire devant ma radio en écoutant les bêtises qui se disaient, mais ce livre lui m'a drôlement moins plu. A l'occasion du décès de sa mère, l'auteur se souvient de toute son histoire. Le Paris populaire de l'après guerre, assez cliché, raconté de façon convenue, qui se veut salée mais ne l'est pas tant que ça je trouve. Le récit n'est pas lourd, c'est certain, et assez amusant, parsemé à la fois de petites piques, de petites phrases assez drôles et de petits passages attendrissants, touchants, mais le tout, accumulé lasse assez rapidement. C'est en fait un livre de petites phrases, de petits passages qui sont disposés les uns à la suite des autres et qui donc au bout d'un moment se retrouvent noyés, perdent de leur saveur. On se dit que ça va être agréable à lire, qu'on va passer un bon moment, et puis en fait pas vraiment, c'est assez gonflant, autant par l'histoire que par l'écriture, qui pourtant est très bonne, mais ne tient pas la distance, c'est plutôt une écriture à picorer. Au final, ça se lit, mais une fois terminé, on le range et on l'oublie sans même garder le souvenir d'un agréable moment de lecture. Dommage. Pourtant je pense qu'il peut être très bien à condition de le lire petit à petit, un chapitre par jour, quelques phrases, en prendre une, une autre, mais pas trop pour ne pas voir de monotonie à la longue. Mon conseil donc, si vous le trouvez comme moi d'occasion à pas cher, prenez le quand  même, il n'est pas désagréable, mais gardez le comme livre-pause, c'est à dire quand vous en avez assez d'un autre livre, vous prenez un chapitre de celui là, juste un, ou le temps d'un trajet en métro, petit à petit comme ça, mais même s'il est très court, je crois qu'il ne faut pas le lire d'une traite. Pour ma part, je ne compte pas rester sur cette légère déception, j'espère bien découvrir les autres titres de cet auteur.

 

Mercredi 3 juin 2009 à 14:46

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Orhan Pamuk, Mon nom est rouge.

Au bout de 730 pages je me suis dit "mais pourquoi j'ai lu ça jusqu'au bout ?" la réponse n'étant pas que j'ai été emporté par la lecture mais que c'était un cadeau et je me force (presque) toujours à lire un cadeau jusqu'au bout. Rien dans ce livre ne m'a accroché. L'écriture est plutôt désagréable (c'est peut être dû à la traduction, je n'en sais rien), ça essaie d'être original, particulier mais ça ne réussit pas ; le récit est pris en charge tour à tour par plusieurs personnages, ce qui en plus de n'être selon moi même pas particulièrement bien fait n'apporte strictement rien à l'histoire et est plutôt gonflant pour le lecteur. L'histoire-prétexte, qui est sensée créer un suspense policier pour tenir le lecteur en haleine pour l'amener vers autre chose, est tout à fait inefficace, inintéressante, on a même pas envie de connaître le dénouement, l'histoire d'amour même chose, et je n'arrive pas à décider quel personnage est le plus antipathique. Les très fréquentes allusions à des scènes de cul qui se veulent fines et ne sont en réalité que grossières et inutiles sont sans doute placées là pour épicer le récit, malheureusement elles ne parviennent qu'à le rendre ridicule, elles n'ont aucun rôle, aucune raison d'être. Bref, c'est très long, je me suis ennuyé d'un bout à l'autre. Je conçois bien que tout le récit autour soit un prétexte pour parler au lecteur de la miniature, la peinture orientale, les traditions et la culture qui l'accompagnent, sa concurrence avec celle d'occident, et parler de la société de l'Istambul de la fin du 16ème siècle, mais ça n'a pas du tout réussi à m'y intéresser un tout petit peu, et je crois que même quelqu'un qui s'y intéresserait serait rapidement lassé tant l'auteur se répète et tourne en rond.
Merci du cadeau donc.
Au passage, la quatrième de couverture vante la polyphonie du roman bien qu'elle ne soit pas terrible, ce qui m'a fait penser à un roman lu il y a quelques années qui, si je me souviens bien, était franchement mieux fait de ce côté là, ça s'appelait je crois en français La fin de Horn, mais j'ai prêté le bouquin qu'on ne m'a jamais rendu, donc je ne peux pas vérifier.


Mercredi 3 juin 2009 à 14:19


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http://alecks.free.fr/wp-content/uploads/2008/08/jeunes_filles.jpg
Montherlant, Les jeunes filles.

Un livre à la forme très particulière, un peu déroutante au début mais qui accroche pourtant le lecteur, tirant un peu sur sa curiosité. Des passages épistolaires, des passages pris en charge par un narrateur extérieur et omniscient, des jeu sur les focalisations successives, des passages au statut assez indéfinis, le tout pourtant assez homogène et pas si difficile à lire, cette forme étonnante évite la lourdeur (malgré quelques passages un petit peu long à deux ou trois moments dans le livre). Il décrit, ou plutôt montre à voir la relation entre un écrivain célèbre et les femmes, les femmes en général est quelques unes en particulier, et la vision de l'une d'elle. Très particulier aussi pas les personnages dont aucun ne semble très sain, ils sont tous plus ou moins détraqués de façon différentes, et c'est ce qui fait l'intérêt de ce qui est raconté. Le lecteur est souvent surpris de voir comment les choses évoluent, comment l'auteur dirige ses personnages avec au passage une écriture impeccable, très maîtrisée ! Aucun des personnages n'est donc véritablement sympathique au lecteur et c'est une bonne chose, grâce à ça, nous sommes un peu en retrait et nous pouvons observer comment les choses se passent, les relations évoluent ou au contraire n'évoluent pas, avec parfois l'intervention de passages plus descriptif sur les événements par un narrateur extérieur qui nous donne accès à une dimension autre. Au final une histoire intéressante, une vision assez déroutante, très cynique des femmes,  de l'amour et des relations homme femmes, mais aussi un livre qui laisse quelque chose, qui pousse à penser et à réagir par rapport à ce qui nous est présenté, un livre qui va plus loin que la petite histoire. A lire donc.

Mercredi 3 juin 2009 à 13:57


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Justine Levy, Rien de grave.

Ma première impression en ouvrant le livre a été assez mauvaise, il m'a semblé plat, ordinaire et légèrement niais aux premiers mots. Mais l'écriture était plutôt agréable et évitait les plus gros défauts faciles qu'on aurait pu attendre, alors j'ai continué. C'est un peu un apprentissage sentimental, le livre fait le point sur la vie du personnage principal, montre ce qui l'a construit et ce qu'il est, sa relation assez désastreuse à son (ex)mari et comment elle s'en est remise, comment elle avance simplement. Disons le, ce livre est assez banal, mais néanmoins assez agréable à lire. Je me suis laissé emporter par la lecture et même si je ne suis pas à 100% conquis, j'ai passé un assez bon moment à suivre cette jeune femme, sa vie passée et présente, ses pertes, déceptions, joies, reconstructions, grosses galères et douleurs décrites sans jamais en faire trop, sans forcer le trait, et puis voir comment le personnage évolue sur différent plans. Un roman sans doute pas extraordinaire dans son contenu, mais mieux mené que d'autres, une lecture-plaisir tout à fait acceptable à mon avis. Ça n'est qu'à la fin que je me suis rendu compte de la dimension sans doute plus autobiographique que ce que j'avais pensé, ce qui lui donne peut être un peu plus d'intérêt (pas dans le sens que du coup c'est vrai donc plus intéressant, ça on s'en fout, d'ailleurs c'est intitulé "roman", mais de savoir comment l'auteur a mêlé vécu et fiction). Quant à la dimension roman à clé, elle m'avait alors mais totalement échappé, ne m'intéressant pas le moins du monde à ces choses là, je ne l'avais même pas soupçonnée avant de lire la critique de madmoizelle.com (on a les références qu'on peut, en même temps je crois pas qu'ils en parlent dans le magazine littéraire) qui n'est pas mauvaise même si un peu trop positive d'après moi. Du coup, cet aspect roman à clés me le rend beaucoup moins sympathique.

 

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